« Dès que vous exprimez une opinion contraire à celle de l’oligarchie qui nous dirige, vous êtes étiquetés »

Laurain Assipolo, enseignant chercheur à l’université de Yaoundé I était parmi les invités qui ont répondu présents à l’émission de Bertrand Owona ce dimanche 14 avril 2019, sur le plateau de Regard sur l’Actualité diffusée sur les antennes de Royal FM.

Laurain Assipolo (c) Droits réservés

Le thème de ce jour était principalement axé sur les questions relatives à la situation sociopolitique du Cameroun. À ce sujet l’enseignant de linguistique française a argumenté que la mauvaise gestion des affaires politiques au Cameroun est le résultat l’entourage du chef de l’état : « Ils ont fait dire au président de la République que le Cameroun sera prêt le jour dit. Lorsque le Cameroun n’a pas été prêt, ils ont trouvé un euphémisme pour masquer la honte qu’ils ont jetée sur le peuple camerounais en parlant d’un “Glissement de date”. C’est lorsqu’on analyse que l’on comprend pourquoi il y a cette restriction de liberté. Cela nous permet de comprendre qu’on a affaire à des gens frileux, qui mâtent toute velléité de contestation ; et leurs attitudes montrent qu’ils sont illégitimes, que cette élite de jouisseur est essentiellement illégitime et qu’elle ne tient son pouvoir que par cette attitude belliqueuse ».

D’après Assipolo, il est difficile de parler de démocratie au Cameroun, car tout porte à croire que tout est centralisé à la base : « Dans un contexte comme celui-là, peut-on parler de démocratie ? On est encore là, à la pensée unique, parce que lorsque vous pensez différemment, on met en œuvre les techniques pour vous faire taire. Dès que vous exprimez une opinion contraire à celle de l’oligarchie qui nous dirige, vous êtes étiquetés. On vous coupe les vivres, on vous affame, pour vous amener à vous aligner », explique-t-il.

Le linguiste conclut en arguant que : « La décentralisation qui devait être l’occasion de résoudre le problème risque être l’occasion pour créer d’autre problème. Lorsqu’on revient dans le problème anglophone, et qu’on pense à créer une commission, il faut dire que cette même commission existe au Canada, c’est le projet du Canada qu’on a voulu copier. Sauf qu’au Canada, ceux qui dirigent cette commission sont des spécialistes des différents domaines qui engagent le multiculturalisme et le bilinguisme. Mais chez nous, on a des acteurs politiques qui sont inaudibles ».


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