Présidentielle : comment LREM prépare déjà Macron 2022

Bien qu’il n’en parle jamais, le président de la République se projette déjà, au moins financièrement, sur le prochain scrutin présidentiel.

Emmanuel Macron est jeune, il a l’avenir devant lui, et semble l’avoir compris. Alors qu’il termine sa deuxième année de mandat, le chef de l’Etat voit plus loin, et prépare déjà, avec ses troupes, la prochaine échéance présidentielle, en 2022, explique Le Monde.

Transformer LREM en « machine électorale »

« Le président ne le dira jamais en public. Mais il ne pense qu’à 2022. C’est son moteur. Toute la stratégie est focalisée sur cet objectif ultime ». Pour ce conseiller d’Emmanuel Macron, comme pour une poignée de membres de la direction de LREM, la ligne de conduite est claire. Le parti présidentiel doit se transformer en une « vraie machine électorale », comme le rapporte Le Monde. En prévision des municipales de 2020, des départementales et des régionales de 2021, mais surtout, de la présidentielle 2022. Parmi ce petit groupe missionné en ce sens, Stanislas Guerini fait figure de décisionnaire. Il est assisté par Pierre Person, son adjoint, mais également Grégoire Potton, trésorier, et Jean-Baptiste Djebbari, responsable de la stratégie de financement.

23,5 millions d’euros de dotation publique par an

Leur priorité est simple : « Faire rentrer de l’argent », comme le confie l’un d’eux, interrogé par Le Monde. « Avec la volonté de solidifier et diversifier les sources de revenus pour ne plus seulement dépendre du financement de l’Etat », poursuit-il, révélant une stratégie financière avant d’être politique. « Comme tout autre parti politique, LREM a pour objectif d’être en mesure de financer sa future campagne présidentielle », corrobore Jean-Baptiste Djebbari, qui explique que le parti dispose d’une enveloppe de 23,5 millions d’euros par an, qui dépend quasi-exclusivement de la dotation publique. Un pactole qui en fait le parti le plus riche de France, selon Le Monde.

Vers une contribution des élus marcheurs ?

Pourtant, « on a moins d’argent que le Parti socialiste en 2012 », explique le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. De plus, le parti n’est pas propriétaire de son siège et ne fait cotiser ni ses élus, ni ses adhérents, ce qui le pousse à demander une obole aux « marcheurs ». Si la formation d’Emmanuel Macron ne souhaite pas rendre l’adhésion payante, elle pourrait, en revanche, demander une contribution aux élus. Aujourd’hui, les 300 députés macronistes versent 400 euros par mois à l’Assemblée, mais rien au parti. Selon Le Monde, LREM pourrait obliger ses parlementaires à verser 150 euros au parti et 350 euros au groupe, dès le mois prochain, et de manière mensuelle.

Appel aux contributeurs modestes

Mais le jeune parti présidentiel entend aussi s’appuyer sur les territoires, avec un principe très simple : « Vous collectez plus, vous recevez plus ». Ainsi, l’idée est de laisser chaque département lever de l’argent pour le parti, en échange de quoi ce dernier s’engage à reverser davantage à ses antennes locales. Selon Le Monde, ce dispositif pourrait être mis en place dès le mois de juin. Et ici, ce sont les contributeurs modestes qui sont ciblés, et non quelques grands mécènes, comme lors de la présidentielle 2017. Ainsi, LREM souhaite renforcer l’ancrage populaire du mouvement et casser l’image d’un « président des riches, financé par les riches », comme le confiait un cadre du parti.

A la recherche de nouveaux locaux

La dernière mesure voulue par LREM s’inscrit dans l’achat d’un siège. Jusque-là locataire d’un hôtel particulier de 1 000 mètres carrés, le parti recherche de plus vastes locaux, à Paris ou en banlieue, pour 15 à 20 millions d’euros. « Nous devons disposer de suffisamment d’actifs pour que notre candidat puisse emprunter auprès des banques, sans difficulté », explique Jean-Baptiste Djebbari. Pour ce faire, les cadres du parti veulent constituer une réserve d’argent. Ils sont déjà parvenus à économiser près de trois millions d’euros en 2018. Avec en vue la somme de 15 millions d’euros, qui leur permettrait de n’emprunter « que » 7 millions d’euros pour financer les frais de la campagne 2022.

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